ἀπόλλω

Ἀπόλλων

Ἀπολλώνεια
Ἀπόλλων, ωνος () [] Apollon, dieu de la musique, des arts et de la poésie, primit. divinité solaire, comme le montrent les qualificatifs qui lui sont d’ord. attribués (Φοῖϐος « le brillant », Λύκειος « le lumineux », Ξανθός « le blond », Χρυσοκόμης « le dieu à la chevelure d’or ») : né à Dèlos « l’île brillante » (v. Δῆλος), de Zeus, dieu de la lumière, et de Lètô, personnification de la Nuit qui enfante le jour, il est à peine sorti des bras de sa mère que de ses flèches d’or il tue le dragon Python, symbole de la nuée d’orage qui se déroule dans le ciel. Souillé de ce meurtre, il se réfugie dans la vallée de Tempè pour s’y purifier ; ou, selon une autre tradition, il est envoyé par Zeus chez le roi de Thessalie, Admète, dont il garde les cavales et les troupeaux de bœufs ; ou enfin, par un exil volontaire, il gagne les régions mystérieuses que les Grecs appelaient Hyperboréennes, contrée du Nord qui ne connaît ni les rigueurs de l’hiver, ni les ombres de la nuit, et d’où chaque année, au retour de la belle saison, on supposait qu’il revenait triomphant : légendes diverses, mais dont le trait commun est la disparition momentanée du dieu, symbole du soleil qui s’éloigne de nous durant les longs mois d’hiver, et qui semblait aux Grecs relégué au nord de leur pays dans le séjour des neiges et des frimas. C’est également comme dieu solaire qu’Apollon est associé au groupe des Kharites (Χάριτες, les Grâces), divinités correspondantes aux Haritas des hymnes védiques, c. à d. aux juments qui entraînent le char du Soleil. Dieu de la lumière et de la chaleur, il fait germer et mûrir les fruits, mais aussi il détruit la fraîche végétation du printemps, double action tour à tour bienfaisante ou funeste que symbolise le mythe d’Hyacinthe (v. Ὑάκινθος), la fleur printanière qui se dessèche et meurt sous les ardeurs de la Canicule. Le dieu qui darde ses rayons d’or devait être fort et redoutable : c’est ainsi qu’il perce de ses flèches les géants Aloïdes, les enfants de Niobé ; tel on le voit dans l’Iliade, où il renverse et détruit tout sur son passage : aussi l’invoque-t-on comme un dieu guerrier (v. βοηδρόμιος). Pour la même raison il est un dieu de la mort ; mais la mort qu’il envoie est prompte et douce, c’est la mort subite que les Grecs tenaient pour un bienfait. Par une sorte de contradiction qu’explique sa nature solaire, Apollon, le dieu qui tue, est aussi le dieu qui guérit ; et, comme le soleil purifie l’atmosphère, et, en desséchant le sol, dissipe les miasmes putrides, Apollon est, à ce point de vue, le dieu de la santé et de la vie ; par un nouveau progrès de la même conception, médecin des corps, il devient le médecin des âmes, le dieu purificateur qui efface la souillure du crime, et réconcilie les coupables avec les hommes et avec les dieux (v. καθάρσιος). Est-ce pour marquer cette bienfaisante action ou par une assimilation poétique entre les rayons du soleil et les cordes d’or d’une cithare qu’Apollon est aussi le dieu de la musique ? Ce qui est sûr, c’est que les Grecs l’adoraient comme la divinité inspirée qui préside au chant, à la poésie et aux arts dont les Muses sont la personnification. De même, il est le dieu dont la puissance prophétique annonce l’avenir, et ses sanctuaires sont visités par la Grèce entière, surtout celui de Delphes, où la Pythie, dans les transports du délire divin, transmet les oracles du dieu, oracles souvent ambigus et qui lui valent le surnom de λοξίας (oblique). C’est dans ces consultations qu’Apollon ordonne la fondation d’une cité, l’établissement d’une colonie, l’institution d’un code de lois : ainsi associé aux actes les plus importants de la vie publique des Grecs, il est une des divinités les plus brillantes et les plus considérables du panthéon hellénique ||
E Voc. Ἄπολλον, Luc. D. mort. 20, 3 ; J. tr. 1 ; p. exc. Ἀπόλλων, Eschl. Ch. 559, Acc. Ἀπόλλωνα, mais Ἀπόλλω dans les formules de serment, ναὶ ou μὰ τὸν Ἀπόλλω, Xén. Conv. 4, 27 ; Ar. Ach. 59, Pax 16, etc. ; νὴ τὸν Ἀπόλλω, Att. ; avec les verbes marquant l’idée d’un serment ou d’une invocation : ὀμνύναι Ἀπόλλω, Inscr. (Rev. de phil. 5, 158); ἁγνόν τ’ Ἀπόλλω (s. e. καλοῦμεν) Eschl. Suppl. 214, et p.-ê. d’usage général chez les Att. au temps de Thucydide et de Platon, v. Thc. 2, 102 ; Plat. Crat. 404b ; Inscr. (Bull. de corr. hell. 5, 158 ; Rev. de phil. 9, 81). Dans les formes quadrisyll. dans Il. 1, 14, 21, etc.
Étym. probabl. pré-grec.